Données de sécurité préclinique+
La plupart des données font références à des extraits de fruit de séné contenant 1,4 à 3,5% de dérivés anthracéniques correspondant à 0,9 à 2,3% d'équivalent rhéine, 0,05 à 0,15% d'équivalent aloé-émodine, 0,001 à 0,006% d'équivalent émodine ou de constituants isolés actifs, comme par exemple la rhéine ou les sennosides A et B. La toxicité aiguë du fruit de séné, d'extraits spécifiques de fruit de séné et des sennosides est faible après traitement par voie orale chez le rat et la souris. Les études par administration parentérale chez la souris ont montré que les extraits sont suspectés d'avoir une plus grande toxicité que les glycosides purifiés, probablement dû à leur contenu en aglycones. Les fruits de séné ont été administrés chez le rat à des doses allant de 100 à 1500 mg/kg pendant 90 jours, correspondant à 1,83 % de sennosides A-D, 1,6 % d'équivalent rhéine, 0,11% d'équivalent aloé-émodine et 0,014% d'équivalent émodine. Une légère hyperplasie des cellules épithéliales du colon a été observée dans tous les groupes traités, réversible au cours des 8 semaines de suivi post-traitement. Les lésions hyperplasiques de l'épithélium du pré-estomac sont aussi réversibles. Une hypertrophie épithéliale et une basophilie tubulaire au niveau du rein on été observées à partir de la dose de 300 mg/kg, sans anomalie fonctionnelle. Ces changements sont aussi réversibles. La formation d'une pigmentation marron au niveau tubulaire conduit à une coloration foncée de la surface rénale, qui persiste après la période de suivi post-traitement mais à un degré moindre. Aucune altération des cellules nerveuses du colon n'a été observée. Aucune dose sans effet (NOEL) n'a pu être mise en évidence dans cette étude. Aucun effet cancérogène n'a été observé chez le rat (mâle et femelle) traités par voie orale pendant 2 ans avec la même préparation que dans l'essai précédent avec des doses allant jusqu'à 300 mg/kg ou avec un extrait contenant 40,8 % de dérivés anthracéniques (35 % de sennosides, correspondant à environ 25,2% d'équivalent rhéine, 2,3% d'équivalent aloé-émodine, 0.007% d'équivalent émodine et 142 ppm d'aloé-émodine libre et 9 ppm d'émodine libre). D'autres études chez le rat et la souris traités par voie orale pendant 2 ans avec l'émodine n'ont pas révélé d'effet cancérogène chez le rat mâle et chez la souris femelle ; ces études ont révélé une réponse équivoque pour le rat femelle et la souris mâle. Aucun effet toxique particulier n'a été mis en évidence dans d'autres études de toxicité répétée après administration de sennosides à des doses allant jusqu'à 500 mg/kg pendant 4 semaines chez le chien et 100 mg/kg chez le rat pendant 6 mois. Aucune embryo-létalité, aucune activité foetotoxique et aucune activité tératogène n'a été mise en évidence après administration orale de sennosides chez la rate ou la lapine. De plus, il n'y a pas eu d'effet sur le développement du nouveau-né, sur le comportement maternel et sur la fertilité mâle et femelle. Aucune donnée sur des préparations à base de séné n'est disponible. Certains essais effectués avec un extrait de séné ou avec de l'aloé-émodine ont montré un effet mutagène au cours des tests in vitro alors que ces mêmes tests étaient négatifs avec les sennosides A et B et la rhéine. Des tests in vivo complets avec un extrait défini de fruit de séné sont négatifs. Des études cliniques ont permis d'étudier l'utilisation chronique de laxatifs comme facteur de risque dans le cancer colorectal. Certaines études ont révélé un risque de cancer colorectal associé à l'utilisation de laxatifs contenant des anthraquinones, d'autres études se sont révélées négatives. Cependant, un risque de cancer colorectal est associé à la constipation elle-même et des habitudes alimentaires sous-jacentes. D'autres études sont nécessaires pour conclure sur ce risque cancérogène. L'utilisation à court terme, comme recommandé, peut être considérée comme sans risque.